May 17, 2012
De l’éphémère, enfin

Peut-on considérer dans mes remerciements
Une reconnaissance?
Pourquoi mon amitié se teinte de tourments;
Pourquoi la complaisance?
Assez de Du Bellay, un peu trop de Ronsard
Pléiade pétrarquiste
Régiment littéraire; conscrits bientôt hussards
Sincères altruistes!
Votre vraie présence — et qui la dirait fausse ?
Un sombre soir de mai
Et la réalité que Dionysos rehausse
Poésie désormais
Je cesse mes fleurettes, je contiens les Regrets
Petite acclamation
Entreverrais-je l’ombre abstraite d’un progrès ?
Légère création
Amis, je vous dédie mes modestes excuses;
— Du feu de l’obsession, traverser les écluses

J’aurais à cet effet besoin de quelques faveurs, et retenir une extase élégiaque.

Rarement Uma Thurman n’aura pris de telles couleurs;
Quel plus beau recueil à souvenirs que ces feuilles douces et rugueuses où brillent vos amitiés;
Nous nous inquiéterons de nos cheveux seulement après un apaisement de crème fouettée;
 Being King for a Day ? Is it even so ? God bless my soul ! Let’s unseathe the sword, to defeat propheties!
Il n’a rarement été plus terrible et funeste voyage que celui d’en tirer des récits;
Je ne doute pas de la grâce de ces cinéastes contemporains aux idées admirables;

— J’aurais été incapable de tenir en place, effrayé par quelque volute, effrayé par quelques rires — seront remarquées, par cela, contemplations étranges, presque noires — élans de jalousie! qui peut jalouser en un jour unique, si les jours n’étaient tous uniques? — élans de colère? Quoi! qui oserait s’irriter — qui oserait ruiner — faire silence — et autres regrets ; le propos se fait-il indécent !… Rendez-moi cette effluve incrustée dans les oreillers, et que je n’oublie guère ce qui fut une réclusion, la réclusion de moi-même, pour et contre moi-même, 

Je crois qu’il est temps de s’éveiller ? 
Je vous remercie.

May 10, 2012
Trouée

Je vous crois
Mais je chois
Aile en bois
Part de roi 

May 4, 2012
Aperçu

  • PROLOGUE

            — LE PRÊTRE :

Il a toujours été, et d’avant le Chaos,
Une âme remuante, ineffable et scellée
Naquirent d’après elle : la chair, le sang, les os
Démons et dieux du ciel, concubines ailées
Car pouvoir et plaisirs, disait-on, recherchaient
Ces immortels gourmands qui, d’allégories,
Râtelaient Gaia de leurs désirs : pichets
Emplis de lourd nectar, — ou de pitreries !
Ces dieux se jalousaient, bien trop humainement
— Des êtres transcendants ? L’envie les définit !
Par l’ennui imposé, ne peut être clément
Dieu envers mortel ; ah ! Orphée, Iphigénie,
Ils jouèrent de vous, âme et corps déchirés.
Il n’est guère de fable, (de l’autel d’Apollon
J’ose bien l’affirmer, il me l’a inspiré)
Sans conflit véritable. Un souffle, un long sillon,
Qui se suit par pulsions ; c’est un désir de guerre,
Né chez les immortels, — que l’on sait très humains,
— Le Roc tient le ciel noir entre ses lourdes serres,
Transporte de ses ailes, — l’Homme y verrait des mains,
La rumeur de la haine et du déchirement
Nos cités en péril, collines d’oliviers,
L’Égée dévorera des dieux les compliments.
Je me permets dès lors de hisser le levier
De la machinerie dramatique ; ancestrale.
— Qui vient donc de l’oracle ? ah, comme tous les jours,
Temps pour moi de me taire, et du haut piédestal
Résolument descendre.

            — UN HOPLITE, entrant :

                                       Vous voilà ! pour toujours
Vous cacherez-vous donc ? On parle d’un Romain !
On vous cherche, vous attend ; la Pythie elle-même
Semble s’impatienter. — Mon annonce ! Dès demain
Les prêtres de l’oracle

            — LE PRÊTRE :

                                       Ah ! hoplite, si tu m’aimes
Tais-toi. Je sais les ordres ! Du roi et d’Apollon
Je connais les requêtes. — Écoute ! Éole souffle.
Il nous donne un conseil, (qui me semble bien long)
« Il faudra être clair ! » Hoplite, si tu t’essouffles,
Les mots sont inutiles. Zeus en sera témoin,
Je viendrai.

            — UN HOPLITE :

                        Vous troubler, puissant devin, me gêne.
Mais il faut, et sur l’heure, accueillir tout au moins
Un grand et salutaire intendant de la reine
Des cités du monde, la généreuse Rome.

          — LE PRÊTRE :

Un Romain ! ainsi donc, ici, à Delphes ! Pourquoi ?
— Peu importe. Je me lève et je viens. Et, en somme,
J’ai fini de parler. Un Romain, un prêtre, quoi !
Je pressens un conflit. — Bien, soldat, en avant !

            — UN HOPLITE :

Au nom du roi, Seigneur, et des dieux tous les ordres
Je réponds.

            — LE PRÊTRE :

                     Aux miens, donc, et en te relevant,
Tu répondras. Allons, point de désordre ;
Apollon est un dieu qui déteste cela.

March 11, 2012
Sonnets

Ne fût-il qu’extraction, son regard s’épanchait
Dans la pensée des yeux de ce visage, des ailes
De velours, de satin ; — ah ! matières cruelles !
De tout l’inatteignable ; — pour des cieux ébréchés.

Si la répétition de ses tourments grinçait
D’entre les mots déments ; éclaireurs ! et douleur !
Dissipés de la neige ; dissipés de sa peur,
De l’obsession renaît son espoir dépassé.

Frollo des laïques, las ! ainsi fut ce faux mythe.
Imposteur des souffrances, passionné en paresse,
Des pauvres habitudes, nu devant sa faiblesse.

Ne fût-il qu’extraction ! il vécut comme un rite,
Ne fût-il qu’implosion, ou son cœur ironique,
De la lettre, vue huit fois ; eh ! — déraison chronique. 

Atours démantelés que ceux d’une passion.
S’y échelonnent mal les différends du cœur ;
S’y rejoignent alors, dans une pleine ardeur
Le frustre complément, çà ! de la dévotion.

La flamme, dite tourment, remplirait justement
Le relent de fureur et la fatalité ;
Aux yeux du proche Éros s’y seraient complétés
Les autres hommes, fort beaux ! — Et critiques cléments !

Ô rivaux, je m’incline : vous, bien dépassionnés
Contenez les afflux, les impulsions, ou tords
Ô rivaux ! soyez francs ; vous avez le tact inné !

Ainsi, sains hommes, Niké ! Victoire en essor,
Vous les touchez d’un rire ; c’est dès lors fort aisé
Substances valeureuses ; — mes efforts malaisés. 

Finalité du Tout, la Mort me tend les bras ;
Jouissance du néant, contrôle de l’instant ;
J’en viens à la souhaiter ; — condamnation du temps !
Vais-je choisir couleuvre, vipère ou sain cobra ?

De fins rayons de lune illuminent son corps,
Austères fragments bleus de mes tristes regards.
Que ne vis-je chez elle ? La peine à mon égard ?
Elle est la reine-artiste, je devins le décor.

Mais le décor est mort, sans acteur il n’est pas
Sur la scène tragique une pièce s’achève
Le songe dramatique, nuit d’été, — ce faux rêve ;

Tension de l’amour fou qui m’emmène au trépas
Mensonge authentique, dératé, fatigué
Temps pour moi d’en finir ou de passer le gué. 

Dehors, la nuit blanche effleure les joues rouges
— La jeune fille en vert marche, grelottante, gelée,
Sous les flocons soupire, de ses beaux yeux perlés
L’autre homme tient sa main, et je la vois qui bouge.

Tour à tour ils sourient ; la joie d’un bel amour !
Lui, main crispée — le froid ! — sur son plus beau trophée
Toisait joyeusement mon regard assoiffé
Il savait sa puissance ; ma haine de toujours.

Mais se tinrent très bien mes pulsions jalousées
Je craignais trop ses yeux ! et mes larmes creusées
Devinrent source noire où la glace crevait.

Pureté ! ta candeur a trop souvent vu naître
En face, le désir brut. Çà ! tu me le devais ?
Sa beauté m’est volée, je suis le nouveau traître.  

Quand tu revins déjà de ce pays salé
Par la mer indigo et le soleil de feu ;
Je te vis soupirante, détachée de mes yeux,
Irréelle, enjouée, ta peau était halée.

Elle était de café, de chocolat et d’or ;
Ton épaule effrayée brûlante de beauté
Inspirait à tout homme, de l’hiver à l’été,
Une gourmante ardeur qui renaît de l’effort.

Insaisissable encore, colombe lumineuse
De tes îles lointaines, si tu étais heureuse
De mes voiliers de plumes, te laisser mon ivresse

Nous percerions la brume, un phénix dans les bras
Ta distance insolente, ô nymphe sans caresse
Car mon plus beau mystère est celui de ton aura.

Recrutement superbe aux listes justifiées
Réitération claire appâtée par l’Ancien
Les corps enfin s’embaument, de longs tendons reliés
Par les flammes des rois et les cordes des chiens.

Mords dans mes cendres, et goûte ; tremble ! tes parents déçus
Te lapident demain ; hier nous sommes nés.
Quoi ! amertume, voix, cris ; de tous les mots reçus,
Seuls : le désir brutal de mourir épargné.

Touche le feu des yeux, embrasse ma violence.
Ne m’évite jamais que pour frôler Prudence ;
L’obsession poursuivie par mes allégories

Est celle de ton corps, du sang, de la vengeance  
Recrutement superbe aux égouts de Paris
Des chairs distribuées, la mienne est la plus rance.

February 26, 2012
Sans titre #2

En revenant d’un voyage

—— Elle avait sa mèche dorée qui lui barrait le visage à moitié ; ses légers collants noirs effilaient ses jambes en fins bâtons de réglisse. Sa moue de fatigue et ses yeux clos, pareils à ceux des statues de marbre blanc en repos infini, le la contemplais comme on contemple une divinité, proche et lointaine — mais différemment, la déité est proche de l’âme, lointaine du corps ; ici, c’est un inverse ambigu qui se forme, petit soleil fragile aux faveurs mystifiées qui semble familier mais que nous savons terriblement éloigné.
La toucher reviendrait à se brûler ; la punition qui s’en suivrait surpasserait celles, furieuses, d’Héra ou d’Artémis ; elle n’est pourtant ni mère impératrice, ni chasseresse impitoyable ; elle ressemble plus aux vestales et aux Pythies, emportée par la pensée inatteignable et les douceurs d’une drogue banalisée. Êtres voués à la chasteté éternelle — on la sait pourtant en quête d’amour, bien qu’on ignorât la moindre de ses convictions, trop recluse dans un silence à la poésie tyrannique : celle qu’on ne déchiffre pas, qu’on ne comprend pas, qu’on ne trouble pas.
Si la patience et l’avidité permettaient d’entrevoir ses doigts de satin aux ongles de cristal, un reflet de sa poitrine timide, une lueur de ses lèvres rêches et courte ou d’un grain de beauté en plus, un aiguillon de métal s’insérerait dans mes yeux — la douleur de la savoir si tranquille, si mélancolique, aussi pure à cet instant, aussi accessible dans le toucher, mais plus tranchante que les pièges d’un palais d’argent. Elle qui dort, c’est le tourment de nos pensées, la rage de nos désirs ; elle dort dans un train ! mais ne touchera jamais le moindre repli de vos draps.

February 17, 2012
Correspondantes

Destinataires reconnus,
Imaginaire révolu 

Elle, encore, me revient ; partout, ici, et là,
De son visage, ses traits, ses grands yeux un peu las,
S’étale la pensée de ses cheveux vermeil
J’exagère ! me dit-on ; jamais ne me réveille.

Certes, confident, j’appris ! des choses déprimantes
Certes, ami, je le suis : amoureux de tourmentes
Amoureux d’un visage, plus triste qu’Eurydice
Amoureux de ses yeux, deux terribles indices

Bah ! tout dans l’attention, et tout dans la pensée !
Nul besoin d’oraison, car il suffit d’oser.

Cependant ! amie, la question me torture
 Mais je ne guette pas de ces autres la luxure
Brûlant à sa vision, le désir de savoir
Si un beau prétendant se dispute son avoir
S’est déchaîné en moi. Est-elle regardée ?

Je l’admets, question sotte. La douce en son silence
Attire plus d’un homme ; est-ce plutôt par chance
Que j’ignore sa vie ? Elle doit rire, là-derrière,
De toute prétention, ou souffre d’adultère,
D’un ami trahissant. Je ne sais rien, non, rien. 

Ah ! ami, en ces lieux trop me suis-je perdu,
En ces lieux la fumée, près du fleuve étendu,
J’ai vu l’espoir d’hier s’envoler dans le ciel,
Dans le lâche éther, s’essouffler demoiselles,
Dans le lâche éther, des beautés disparues,
De la triste aurore, crépuscule déchu.

Ah ! amie, j’eus des yeux ; mais d’hier à aujourd’hui,
Ne savoir où renaître, et d’où, quand, qui ?
Les apôtres dormirent, mais Judas, on l’oublie !
Car lui, fou maladif, jaune et calme en son lit,
Pleurait le souvenir depuis longtemps trahi.

Je dois écrire un vers, et ce dès maintenant,
Car dans la poésie se troublent les tourments,
Et la strophe impromptue, trahir mille pensées
Sans toutefois jamais ne savoir révéler.
Ah ! chère amie, on sait ; car toujours je raconte.
Ah ! contrées ! des jurons ; je fis le las décompte.
Car dès lors, la Pythie moderne, la si jolie
D’un silence poli — encore ! me le promit :
« Ami, j’étais celle — sois patient — qu’Idéal,
Ce roi trop orageux, cet empereur vénal,
A choisi pour tes yeux. À Delphes je vis seule,
Et tu dois bien savoir, poète dans la meule,
Que seule, je l’ai choisi. Va ! et dès cet instant
Apprends que ces paroles, et pour toujours — d’accord ?
N’ont jamais existé dans le moindre des corps.
Encore moins tes vers, encore moins les cieux
Encore moins le Vrai, encore moins les dieux,
Furent à la source de ta petite passion ;
Je prédis ! désormais, que s’évanouiront
Les regards fous jetés dans ma direction,
— O rêveur ! je le crains, tu noieras le poisson,
Et dans un beau poison, tuer le pauvre Amour,
Dès demain, s’il te plaît ! tu pourrais voir le jour ;
Je ne suis pas Juliette, encor moins Eurydice,
Mets ton être dans l’eau, noie le faux, tue le vice
Et revis, triste ami, je l’affirme, tu devrais. »

 

February 9, 2012
Manifeste importun

Les univers se régissent par des lois simples, sincères, signifiantes.
Simples, comme la loi de la gravité, sincères, comme les huit pattes d’un arachnide, signifiantes, comme le contraste des couleurs.

La reconnaissance d’une image est efficacement troublante. Troublerais-je ? Je n’ai troublé que dans l’irrespect et l’impudeur. Auriez-vous reconnu l’image ? J’en serais fier. Si vous en reconnaissez le lieu, vous en reconnaissez la personne. Photographie dont j’ignore le photographe, appareillée en une époque qui m’est inconnue, je n’en sais seulement que la cible de l’objectif et peut-être même le lieu.

Tout d’abord, la quête de justesse s’avère follement ambitieuse et, par définition, majoritairement impossible à réaliser. Secondairement, il est déraisonnable de penser un seul instant à forcer la moindre de ces lois ; on a la position avantageuse dès le début ou, alors, il faut se battre pour la concevoir, l’obtenir, la mériter, la conserver, la valoir et puis la quitter. Aussi verrons-nous des fluides circonspects nous traverser de parts en parts, liquides rougeâtres qui traversent nos cardiaques embouchures, aussi saurons-nous les choses qui animent la cible de notre désir et les causes de la hauteur. Il est question de cible, dit-on dans un jargon pathologique, d’objectif, d’appareillage et d’inutilité. Le présent texte est vain.

C’est une image sans couleur. Présente, dépassée, connue, évolutive, dénichée, volée, reprise, arrachée, que mes lecteurs peut-être reconnaissent ; captée sous les mots-clés — comme dit Saez, on n’est pas sûr que le progrès toujours fasse progresser l’homme — l’image m’est apparue comme une malédiction, au cœur de visions collectives de ce visage vanté, admiré, regardé, contemplé, aimé, de ce visage qui n’estimait pas mériter les éloges, de ce visage qui, d’un sourire poli, plus tragique qu’une finalité racinienne, plus terrible qu’une hache de bourreau, m’accorda le refus.

La grisaille colorée nous laisse l’imaginer : c’est un piédestal de mélancolie, et l’échelle, blanche et glacée, n’est qu’illusion d’un corps évasif, léger, flottant. Ce corps si frêle, mû par la fibre du jeu, ce jeu d’autant plus composé de fiction que de réalité, de réalité que d’hallucinations explicites. Elle est sur scène, amis lecteurs, elle est en vie. Soleil perdu dans un espace infini, l’imagine qui veut l’imaginer, l’aime qui veut l’aimer, mais d’un silence aux volutes d’un tyran, elle choisit simplement sa voie. Ici, pas de pax romana, pas de beaux vers d’un Énéide : dans l’empire de ma frustration, pas de fausses partitions ou de légendes antiquées. Seules subsistent mes silencieuses visions, car l’écart qui se creuse entre mon désir et son attention s’amalgame en un fossé boréal. Cristallisée dans des couleurs livides, ne sais-je d’elle en extérieur de sa présence hypocrite, que l’acerbe sentiment d’accepter les mots de mon ami que je ne respecte plus. Me dit-il, attristé devant le pathos de mes idéaux : « Quand te rendras-tu compte qu’elle en a rien a foutre de toi et de quasiment tout le L***… »  C’est avec colère que je lui réponds, car face au réalisme, le poète est souvent désemparé ; colère justifiée, pourtant ! je conspue avec force. Nous parlons toujours de la photographie (je préfère me rassurer), toujours de l’archange métaphorisé, de cette Pythie que je censure jalousement, que j’écrase d’éloges, qui symbolise et désincarne, qui se tait, qui ne lira jamais ces lignes (je vous rassure, elle existe ! bien entendu, c’est le principe chéri des faits réels). Plus troublant est la situation de travail où je la croise, la seule : la situation de travail. On nomme ça travail, je me permets d’en rire, dans une bêtise remarquable, remarquée par ses yeux, par d’autres, et par une agnostique.

Certes ainsi finalement, la grandiloquence n’est guère suffisante. Je salue mon adoration désaxée, car de son vouloir mystérieux, et par la désillusion, et par la réalité, il faut reconnaître la défaite. Je souris de ma jaunisse, je ris de ma peine, car elle n’existe guère que dans mon esprit. Delphes est une finalisation. L’oracle l’a prédit, chercher à contourner la prophétie est une ambition d’idéaliste. Arrache-moi de mes rêves, Pythie, tu as su, toi et tes semblables, me les transpercer ; douces Thémis, douces personnifications, douceâtre différends. Vous avez votre vie. Les relier selon mes prétentions est indécent. Delphes, oracles, prêtresse, je m’incline comme un chien. Là-haut, sur le promontoire blanc glacé, elle regarde les dieux. Les miens crèvent de ta douceur tortionnaire.

February 8, 2012
"Il faut que tu comprennes quelque chose le « poète ». Dans l’univers dans lequel tu vis les mots ne servent à rien. Seuls les actes comptent."

— Un grand auteur méconnu (authentique)

February 4, 2012
Nina ne cherche pas à faire de grandes photographies, ni à se vanter de cet art qu’elle adore. 
C’est la passion, simple, pure, et la magie qui en découle.

Nina ne cherche pas à faire de grandes photographies, ni à se vanter de cet art qu’elle adore. 

C’est la passion, simple, pure, et la magie qui en découle.

(Source: fabulous-l)

January 29, 2012
censurée

All characters appearing in this work are fictitious. Any resemblance to real persons, living or dead, is purely coincidental.

cette Pythie incroyable du temple d’Apollon, où “gnôthi seauton” n’est qu’un reflet disgracieux, a la distance qui la rend trouble. trouble, comme les bouffées grises qui s’échappent de ses lèvres, qui la dévorent et

si on devait l’imaginer, je dirais d’abord qu’elle apparaît comme frêle, fine comme la tige d’une jonquille ; elle n’est pas bien grande, et on la reconnaît par ses grands yeux mélancoliques qui n’auront jamais fini de dévoiler leurs secrets ; sa voix fluette envoûte de gentillesses mais

elle est fatiguée, toutefois son visage n’a aucune ride, si ce n’est celle, légère, qui trouble son front, celle d’une inquiétude qu’on ignore, toujours présente, aussi bien que

 J’en parle, vous la connaissez, je vous la présente ou, mieux, vous ne savez pas de qui il s’agit. Temps pour moi de la décrire. Dans le cas où ce portrait vous inspirerait quelque personne, je serai ravi de constater que vous l’avez reconnue. Ce portrait est le fruit de son

écriture ! comment ne pas en parler ! ce sont des boucles, courbures soignées et espacées, qui s’éloignent l’une de l’autre, bouclées comme ses cheveux d’or — elle est blonde, vous dirait le passant, mais ce sont les cheveux d’Eurydice, plus brillants que les rayons du soleil, qui virent du vermeil au châtain — qui reposent sur son épaule gauche, mais

elle brille et pourtant est si sombre ; ses habits aérés laissent supposer le corps fragile qu’on lui imagine, et c’est un doux mystère qui la suit partout où elle va, une aura de tristesse contenue, et de douleur ! car

Quand elle rit, elle a ce geste en avant, mais comme si le rire pouvait la dévoiler, elle ne se laisse emporter que par le sourire.


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