Sonnets
Ne fût-il qu’extraction, son regard s’épanchait
Dans la pensée des yeux de ce visage, des ailes
De velours, de satin ; — ah ! matières cruelles !
De tout l’inatteignable ; — pour des cieux ébréchés.
Si la répétition de ses tourments grinçait
D’entre les mots déments ; éclaireurs ! et douleur !
Dissipés de la neige ; dissipés de sa peur,
De l’obsession renaît son espoir dépassé.
Frollo des laïques, las ! ainsi fut ce faux mythe.
Imposteur des souffrances, passionné en paresse,
Des pauvres habitudes, nu devant sa faiblesse.
Ne fût-il qu’extraction ! il vécut comme un rite,
Ne fût-il qu’implosion, ou son cœur ironique,
De la lettre, vue huit fois ; eh ! — déraison chronique.
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Atours démantelés que ceux d’une passion.
S’y échelonnent mal les différends du cœur ;
S’y rejoignent alors, dans une pleine ardeur
Le frustre complément, çà ! de la dévotion.
La flamme, dite tourment, remplirait justement
Le relent de fureur et la fatalité ;
Aux yeux du proche Éros s’y seraient complétés
Les autres hommes, fort beaux ! — Et critiques cléments !
Ô rivaux, je m’incline : vous, bien dépassionnés
Contenez les afflux, les impulsions, ou tords
Ô rivaux ! soyez francs ; vous avez le tact inné !
Ainsi, sains hommes, Niké ! Victoire en essor,
Vous les touchez d’un rire ; c’est dès lors fort aisé
Substances valeureuses ; — mes efforts malaisés.
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Finalité du Tout, la Mort me tend les bras ;
Jouissance du néant, contrôle de l’instant ;
J’en viens à la souhaiter ; — condamnation du temps !
Vais-je choisir couleuvre, vipère ou sain cobra ?
De fins rayons de lune illuminent son corps,
Austères fragments bleus de mes tristes regards.
Que ne vis-je chez elle ? La peine à mon égard ?
Elle est la reine-artiste, je devins le décor.
Mais le décor est mort, sans acteur il n’est pas
Sur la scène tragique une pièce s’achève
Le songe dramatique, nuit d’été, — ce faux rêve ;
Tension de l’amour fou qui m’emmène au trépas
Mensonge authentique, dératé, fatigué
Temps pour moi d’en finir ou de passer le gué.
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Dehors, la nuit blanche effleure les joues rouges
— La jeune fille en vert marche, grelottante, gelée,
Sous les flocons soupire, de ses beaux yeux perlés
L’autre homme tient sa main, et je la vois qui bouge.
Tour à tour ils sourient ; la joie d’un bel amour !
Lui, main crispée — le froid ! — sur son plus beau trophée
Toisait joyeusement mon regard assoiffé
Il savait sa puissance ; ma haine de toujours.
Mais se tinrent très bien mes pulsions jalousées
Je craignais trop ses yeux ! et mes larmes creusées
Devinrent source noire où la glace crevait.
Pureté ! ta candeur a trop souvent vu naître
En face, le désir brut. Çà ! tu me le devais ?
Sa beauté m’est volée, je suis le nouveau traître.
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Quand tu revins déjà de ce pays salé
Par la mer indigo et le soleil de feu ;
Je te vis soupirante, détachée de mes yeux,
Irréelle, enjouée, ta peau était halée.
Elle était de café, de chocolat et d’or ;
Ton épaule effrayée brûlante de beauté
Inspirait à tout homme, de l’hiver à l’été,
Une gourmante ardeur qui renaît de l’effort.
Insaisissable encore, colombe lumineuse
De tes îles lointaines, si tu étais heureuse
De mes voiliers de plumes, te laisser mon ivresse
Nous percerions la brume, un phénix dans les bras
Ta distance insolente, ô nymphe sans caresse
Car mon plus beau mystère est celui de ton aura.
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Recrutement superbe aux listes justifiées
Réitération claire appâtée par l’Ancien
Les corps enfin s’embaument, de longs tendons reliés
Par les flammes des rois et les cordes des chiens.
Mords dans mes cendres, et goûte ; tremble ! tes parents déçus
Te lapident demain ; hier nous sommes nés.
Quoi ! amertume, voix, cris ; de tous les mots reçus,
Seuls : le désir brutal de mourir épargné.
Touche le feu des yeux, embrasse ma violence.
Ne m’évite jamais que pour frôler Prudence ;
L’obsession poursuivie par mes allégories
Est celle de ton corps, du sang, de la vengeance
Recrutement superbe aux égouts de Paris
Des chairs distribuées, la mienne est la plus rance.